Le guide complet du spectacle
Improviser le changement en entreprise — en faisant rire d'abord.
Ce soir, Thomas tient le bouton. Et le public a armé la bombe.
CHANGE! n'est pas une conférence sur le changement. C'est un spectacle. La différence est fondamentale : les gens apprennent 10 fois mieux quand ils rient. Chaque séquence a un potentiel comique précis — identifié, travaillé, exploité. La pédagogie arrive en douce, dans le rire.
Thomas ne "parle pas du changement" — il improvise dedans, en direct, sous la pression de son propre bouton. Le mécanisme du bouton physique ne sert pas qu'à illustrer le concept : il crée les situations absurdes, inconfortables et drôles qui font que le public ressent ce dont on parle avant de l'analyser. Thomas décide quand il appuie — mais il ne sait jamais ce qui va s'afficher.
Règle d'or : si une séquence ne fait pas rire, c'est qu'elle n'est pas encore assez vraie. Le rire naît de la reconnaissance d'une vérité inconfortable. La réunion du lundi, le collègue qui bloque tout, le post-mortem qui cherche un coupable — tout le monde a déjà vécu ça. Thomas le joue avec une précision et un excès qui libèrent.
Se libérer de ses croyances et schémas automatiques. La zone de confort est un piège — elle ne protège pas, elle immobilise.
Accepter l'imprévu sans résistance. Le "Oui, et..." construit. Le "Oui, mais..." détruit. Chaque non arrête l'histoire.
L'échec n'existe pas — c'est une partie de l'histoire. Transformer le post-mortem en "qu'est-ce que ça nous a appris ?" change tout.
Sans écoute, on ne construit que sa propre histoire. L'écoute active est la compétence la plus sous-estimée — et la plus puissante — en entreprise.
Le régisseur suit le spectacle depuis change-show.fr/regie.html et intervient à 4 moments clés :
Il surveille aussi le stock de réponses restantes par séquence et peut prévenir Thomas via un signal si le stock est bas.
Une app web (change-show.fr) tourne en parallèle du spectacle. Le public alimente les séquences avant le show — Thomas découvre leurs réponses pendant, en direct, via un bouton physique.
Avant le spectacle, un QR code est projeté. Les spectateurs scannent et accèdent à change-show.fr : un questionnaire de 6 questions (3 mots max par réponse). Réponses rapides, instinct — pas de réflexion.
Sur change-show.fr/regie.html : 4 boutons de séquence (Réunion, Histoire, Rebond, Expert), un chronomètre, et un feed live des réponses disponibles. Il change la séquence active au bon moment et surveille le stock de réponses restantes.
Sur change-show.fr/show.html : un écran face à lui affiche en grand la réponse tirée, le badge de la séquence active, et les stats. Thomas a un bouton physique (Raspberry Pi Pico W) — chaque appui tire aléatoirement une réponse inutilisée de la séquence en cours.
Réunion (Séq. 02)
Histoire (Séq. 03)
Rebond (Séq. 04)
Expert (Séq. 05)
Chaque séquence contient un bloc POTENTIEL COMIQUE — les mécanismes de rire identifiés, les vannes à construire, les situations à exploiter.
La Première Seconde
Thomas entre en scène et commence une scène du quotidien — banale, familière, presque ennuyeuse. Le lundi matin d'un employé lambda : café à la machine Nespresso qui prend éternellement, mails "Pour info" lus à voix basse, collègues imaginaires salués avec la chaleur d'une poignée de main de direction générale.
Au bout d'une minute, Thomas sort son bouton physique et appuie pour la première fois — sans prévenir, sans explication. Un mot du public apparaît sur l'écran. Thomas l'intègre immédiatement dans la scène. La salle voit. Comprend par le corps. La mécanique se révèle par l'action, pas par la règle.
Après 2-3 appuis, Thomas brise le 4ème mur : "Ah. Vous commencez à comprendre." — et seulement là il nomme officiellement le dispositif. Le public l'a déjà vu fonctionner : il l'a donc vraiment intégré.
Le teaser du dispositif : Thomas montre le bouton et explique : "Tout à l'heure, vous avez rempli un questionnaire. Vous avez donné vos mots. Trois mots chacun. Vous ne savez pas encore ce que j'en ferai. Moi non plus. Ils sont là-dedans." [Il montre le bouton.] "Et à chaque fois que j'appuie — un de VOS mots apparaît. Vous avez armé la bombe. Moi, je suis dessus. Et c'est moi qui décide quand elle explose." Ce teaser crée une tension délicieuse : le public sait qu'il a contribué, mais ne sait pas quand ni comment ses mots vont surgir.
Actif dès la 1ère minute. Thomas appuie sur le bouton au moment le plus banal possible — en pleine scène de routine matinale. L'interruption brutale par un mot du public sur l'écran crée l'effet de surprise. Après 2-3 appuis organiques, Thomas nomme la règle à voix haute. Ordre impératif : démonstration d'abord, explication ensuite. C'est Thomas qui contrôle le rythme — il décide quand il s'impose une nouvelle contrainte.
Et si on improvisait le changement ?
"Je suis Thomas Pons. J'ai passé dix ans à écrire des slogans pour des marques qui vendaient du changement. Du rebranding. Du pivot stratégique. De la transformation digitale. De l'upskilling — mot que j'ai utilisé 400 fois sans savoir exactement ce qu'il signifiait, mais avec une conviction totale."
"J'ai aussi contribué à Radio Nova. Ce qui m'a surtout appris que si vous avez une belle voix et l'air de savoir de quoi vous parlez, personne ne vérifie."
"Ensuite j'ai fait de l'improvisation théâtrale. Et là, quelque chose a changé. Pour de vrai. Pas dans les mots. Dans le corps. Dans le réflexe. Dans la capacité à ne pas paniquer quand le script s'envole."
"Les organisations ne souffrent pas d'un manque de stratégie. Elles ne souffrent pas d'un manque de PowerPoint. Elles souffrent d'un manque de capacité à agir dans l'incertain."
"On forme des gens à tout prévoir. À tout anticiper. À avoir un Plan A, un Plan B, et un Plan C au cas où. Ce que personne n'enseigne : que faire quand les plans A, B et C partent tous en fumée le jour J — et que la personne qui a fait les plans A, B et C est en arrêt maladie."
"Ce soir, je ne vais pas vous donner un framework. Je ne vais pas vous montrer une matrice 2x2. Je ne vais pas vous parler de l'agilité comme si c'était une révélation que j'avais eue sous la douche."
"Ce soir, on va vivre le changement. Ensemble. Maintenant. Sauf que le pouvoir absolu, c'est moi qui l'ai."
"Vous avez vu ce qui vient de se passer. Ce bouton — c'est mon arme et ma malédiction ce soir. À chaque moment improvisé, je peux appuyer. Et un de vos mots débarque. Je dois tout réinventer. Immédiatement. Sans filet. Sans exception. C'est moi qui décide quand — mais c'est vous qui avez choisi quoi."
"Et ce n'est pas tout. Avant de venir, vous avez rempli un questionnaire. Six questions. Trois mots maximum. Vos réponses sont déjà dans la machine." [Thomas montre le bouton physique.] "Chaque fois que j'appuie sur ce bouton, un de vos mots apparaît sur mon écran. Je ne sais pas lequel. Je ne sais pas de qui. Et je dois improviser avec — immédiatement. Vous avez déjà écrit une partie du spectacle. Vous ne savez juste pas encore laquelle."
"Ce soir vous n'êtes pas spectateurs. Vous êtes les auteurs. Et moi, je suis votre interprète sans filet."
La Réunion du Lundi
"Combien de fois par semaine entendez-vous ces quatre mots : 'Oui, mais...' ? En réunion. En brief. En comité de direction. 'Oui mais ce n'est pas dans le budget.' 'Oui mais on a toujours fait comme ça.' 'Oui mais tu vois pas le problème.' 'Oui mais c'est compliqué.'"
"Je vais vous annoncer quelque chose de révolutionnaire que j'ai découvert après 10 ans de réunions publicitaires à 14 personnes autour d'une table pour décider de la couleur du bouton. Ce 'Oui, mais' — c'est juste un non. Un non poli. Un non qui porte une cravate. Un non qui sourit mais ferme la porte."
"En impro, il n'y a pas de 'non'. Ou plutôt : le 'non' existe, mais il devient automatiquement 'Oui, ET...'. Et une scène qui semblait morte devient vivante en trois secondes. D'ailleurs — avant le show, vous avez nourri la machine. Vos secteurs. Vos collègues relous. Vos sujets de réunion qui n'auraient jamais dû exister. Tout ça est là-dedans."
[Thomas montre le bouton]
"Et moi, je ne sais absolument pas ce qui va apparaître. Vous, vous le verrez en même temps que moi sur l'écran. Donc vous saurez exactement dans quelle merde je suis — avant moi."
Principe : Thomas joue une réunion d'entreprise en solo — il incarne tous les personnages en changeant de place physique sur scène (le manager enthousiaste, le comptable allergique, l'expert qui parle trop, le stagiaire qui regrette d'avoir parlé). Les réponses du public ont été collectées AVANT le show via change-show.fr : secteurs d'activité, prénoms de collègues relous, sujets de réunion inutiles. À tout moment, Thomas appuie sur le bouton physique : une de ces réponses s'affiche simultanément sur l'écran salle ET sur son retour. Il la découvre en même temps que le public. Il DOIT l'intégrer dans la scène dans les 10 secondes — sans casser le fil, sans commenter, en restant dans le personnage actif.
Mécanique scénique : Thomas appuie 5 à 8 fois pendant la séquence. Chaque mot imposé agit comme un "switch de contrainte". L'app mélange les trois types de réponses (secteur / prénom / sujet inutile) — Thomas ne sait jamais QUEL type va tomber. Si "Gérard" apparaît pendant que le comptable parle, le comptable doit absorber Gérard. Si "l'industrie du hamac" tombe, Thomas peut switcher de personnage pour l'intégrer — le switch EST la source comique. La demi-seconde où Thomas lit le mot, où son visage trahit la surprise, où la salle VOIT qu'il ne s'y attendait pas — c'est le coeur du mécanisme comique.
Rythme : Premiers appuis espacés (laisser la scène s'installer, installer les personnages). Puis accélération — les 3 derniers appuis rapprochés pour créer une surcharge comique où Thomas doit jongler avec un secteur, un prénom ET un sujet en même temps. Le chaos contrôlé.
Le régisseur active la séquence « Réunion ». Thomas appuie sur son bouton physique → une réponse du public s'affiche sur l'écran salle + retour. Il ne sait pas ce qui va apparaître.
→ Réponses courtes (3 mots max). Thomas les découvre en direct et les intègre dans la scène. La surprise sur son visage = comique garanti.
Actif. Thomas appuie spécifiquement sur les moments de blocage, refus, "oui mais" dans la scène. Il peut se tendre un piège à lui-même en appuyant quand un personnage est particulièrement obtus — forçant un virage à 180° imposé par le mot du public.
"Vous venez de voir ce que le 'Oui, et...' change. Ce n'est pas de la naïveté — dire oui à tout n'est pas la leçon. La leçon, c'est que le 'oui' d'abord change l'énergie de la pièce. Et l'énergie de la pièce, c'est tout."
"Demain matin : remplacez mentalement un seul 'Oui mais' par 'Oui, et si on...'. Juste un. Et observez ce que ça déplace."
L'Histoire qui se construit
"Je vais vous parler pendant 60 secondes. Votre mission : pensez à autre chose. Laissez votre esprit aller où il veut. N'écoutez pas."
[Thomas parle pendant 60 secondes sur un sujet quelconque — les nuances de gris dans les parquets d'open space, par exemple]
"Levez la main si vous avez pensé à autre chose au moins une fois."
[Pratiquement toutes les mains se lèvent]
"Félicitations. Vous venez de recréer une réunion d'entreprise standard avec un taux de participation exceptionnel."
"Je ne vous demandais PAS d'écouter — et vous n'avez pas écouté. Maintenant imaginez que je vous demande d'écouter. Imaginez votre chef qui vous demande d'écouter. Est-ce que ça change quelque chose ? Non. L'injonction à écouter est aussi efficace que l'injonction à avoir des idées créatives un vendredi à 17h."
"Alors on va faire autrement. Avant le show, on vous a demandé un truc improbable dans un couloir de bureau. Vous avez répondu. Et maintenant vos réponses sont là-dedans."
[Thomas montre le bouton]
"Je vais vous raconter une histoire. Et à chaque fois que j'appuie, un de vos trucs improbables va débarquer dans mon récit. Je ne sais pas ce que c'est. Je ne sais pas quand ça arrive. Mais je dois tout écouter, tout intégrer, tout tisser. Exactement ce que personne ne fait en réunion."
Principe : Thomas commence une histoire de bureau — un récit narratif avec personnages, décor, tension dramatique. À chaque appui sur le bouton, un "truc improbable dans un couloir de bureau" (soumis par le public AVANT le show via change-show.fr) apparaît simultanément sur l'écran salle et sur le retour de Thomas. Il le découvre en même temps que le public. C'est un PIVOT obligatoire : l'élément improbable doit entrer dans l'histoire dans les secondes qui suivent, sans rupture narrative, sans commentaire méta. Thomas doit tisser l'absurde dans le fil du récit comme si c'était toujours prévu.
Mécanique scénique : Thomas appuie 6 à 8 fois pendant la séquence. Chaque appui est un virage narratif imposé — comme dans un cadavre exquis, sauf que Thomas est SEUL à porter la cohérence du récit. La salle voit l'élément s'afficher et GUETTE comment il va l'intégrer. Le plaisir du public est double : la surprise de l'élément + l'admiration/amusement de voir Thomas le tisser dans l'histoire. Plus l'histoire avance, plus le récit accumule des éléments absurdes qui doivent TOUS rester cohérents entre eux.
Rythme : Les 3 premiers appuis espacés (construire le monde, les personnages, les enjeux). Puis accélération progressive — les derniers appuis rapprochés transforment l'histoire en avalanche surréaliste. Le dernier appui doit tomber juste avant la conclusion pour forcer une chute impossible.
Le régisseur active la séquence « Histoire ». Thomas appuie sur son bouton → un truc improbable apparaît sur l'écran salle + retour.
→ Réponses courtes (3 mots max). Chaque appui = un pivot narratif. Thomas tisse l'élément dans l'histoire en direct. Surprise totale.
Actif — Thomas contrôle le rythme. Chaque appui injecte un élément improbable du public dans le récit. Thomas peut varier l'usage : parfois l'appui force un virage narratif (changement de genre, de ton, de point de vue), parfois il injecte un objet ou un personnage. C'est Thomas qui décide quand la pression monte — et il peut s'auto-saboter en appuyant au pire moment pour maximiser le chaos narratif qu'il devra résoudre en temps réel.
"Cette histoire existe grâce à tout le monde. Aucun d'entre vous ne l'aurait créée seul. L'écoute n'est pas une politesse — c'est une stratégie créative."
Le Rebond
"Combien d'entre vous ont déjà participé à un post-mortem de projet ? Ces réunions où tout le monde arrive avec la mine de quelqu'un qui va aux funérailles d'un projet qu'il a tué lui-même mais dont il ne dira rien ?"
"En entreprise, l'échec est une honte. On ne le dit pas comme ça, évidemment. On dit : 'apprentissage'. On dit 'pivot'. On dit 'ajustement stratégique'. Ces mots ont une chose en commun : ils permettent de ne jamais prononcer les vrais mots. Les vrais mots, c'est : on s'est plantés. Complètement. Et devant tout le monde. Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?"
"En improvisation, l'échec n'existe pas. Pas parce qu'on est nuls et qu'on rate jamais. Mais parce qu'une scène qui part de travers, c'est juste une scène qui tourne autrement. Et 'autrement', c'est souvent plus intéressant que 'comme prévu'."
"Avant le spectacle, vous avez partagé vos plus beaux ratés professionnels via l'app. En toute honnêteté, en deux-trois mots. Et moi, je n'ai aucune idée de ce que vous avez écrit. J'ai juste ce bouton."
[Thomas montre le bouton]
"À chaque fois que j'appuie, un de vos ratés apparaît sur l'écran. Je le découvre en même temps que vous. Et je dois le transformer — en direct — en quelque chose de positif. Le désastre devient opportunité. Ou pas. On va voir."
Thomas appuie sur le bouton. Un "raté pro" du public apparaît sur l'écran — en deux-trois mots brutaux (ex : "lancement raté", "présentation plantée", "mail au mauvais client"). Thomas le découvre en même temps que la salle. Temps de lecture. Regard vers le public. Sourire ou grimace — la réaction est authentique, c'est la première source comique.
Puis Thomas entre dans la scène : il rejoue le désastre avec le ton du JT de 20h, grave, solennel — et le transforme en opportunité incroyable. C'est le principe du Replay Inversé en impro : même situation, issue opposée. Le plantage devient triomphe.
Après le premier rebond, Thomas s'arrête et dit "Est-ce que c'est suffisant pour vous ?" — en regardant la salle. Puis, sans attendre de réponse, il appuie à nouveau sur le bouton → nouveau raté → nouvelle transformation. Chaque appui relance la machine. Thomas peut aussi décider de pousser un rebond encore plus loin avant de passer au raté suivant — c'est lui qui sent le rythme. 3 à 4 ratés en 8 minutes.
Le régisseur active la séquence « Rebond ». Thomas appuie sur son bouton physique → un raté pro apparaît à l'écran. Chaque appui = nouveau raté = nouvelle scène.
→ La surprise de Thomas quand il découvre le raté = première source comique. La transformation en opportunité = deuxième source. Thomas contrôle le rythme des appuis — il peut accélérer pour maximiser la pression.
Actif — Thomas contrôle le rythme. Le bouton tire les ratés. Thomas juge lui-même quand un rebond mérite d'être poussé plus loin — il peut relancer la transformation du même raté en forçant un angle encore plus radical avant d'appuyer à nouveau. Ou il peut appuyer immédiatement pour enchaîner. C'est cette maîtrise du timing qui crée la montée en puissance.
"Ce muscle du rebond — de la réinterprétation — se développe. Ce n'est pas une qualité innée des gens cool. C'est une discipline. Une question posée systématiquement : 'Qu'est-ce que cette contrainte m'ouvre que je n'aurais pas eu sans ça ?'"
L'Expert Fantôme
"La zone de confort. Tout le monde vous dit : 'Sortez de votre zone de confort !' Comme si c'était simple. Comme si le fait de le dire suffisait. Comme si les gens répondaient : 'Ah voilà, je n'y avais pas pensé, je sors immédiatement.'"
"Le problème de la zone de confort, c'est qu'elle a un autre nom en entreprise. Elle s'appelle l'expertise. 'Ce n'est pas mon domaine.' 'Je ne suis pas qualifié pour ça.' 'Laissons ça aux spécialistes.' Ces phrases sont respectables. Elles sont aussi, parfois, la façon la plus élégante au monde de ne rien risquer."
"Avant le spectacle, vous avez partagé via l'app votre domaine d'expertise absurde. Je n'ai aucune idée de ce que vous avez écrit. Mais dans quelques secondes, je vais appuyer sur ce bouton, et je vais devenir instantanément l'expert mondial de ce qui apparaît. Un domaine où je ne connais absolument rien. Vous allez voir ce que le lâcher-prise produit quand on décide de faire confiance à ce qui vient — plutôt que de rester figé dans ce qu'on sait déjà."
Thomas appuie sur le bouton. Un "domaine d'expertise absurde" apparaît sur l'écran (ex : "psychologie des post-its", "yoga de bureau", "sommelier de PowerPoint"). Thomas le découvre en même temps que la salle — temps de lecture, réaction authentique — puis se transforme instantanément en l'expert mondial le plus convaincant de ce domaine. C'est LA CONFÉRENCE, la catégorie reine de l'improvisation.
TED Talk improvisée complète : slides imaginaires dessinés dans l'air avec un pointeur laser invisible, statistiques inventées avec une précision ridicule ("73,4% des participants à notre étude de 2019 ont confirmé..."), anecdotes personnelles de terrain fabriquées de toutes pièces. Le public peut l'interrompre avec des questions "d'experts" pointues. Thomas répond sans jamais abandonner le personnage ni l'assurance.
Le coup de théâtre : Thomas peut appuyer à nouveau sur le bouton en pleine TED Talk → un nouveau domaine apparaît → il doit changer de sujet sans transition, avec la même conviction totale, comme si ce nouveau domaine avait toujours été le sujet de sa conférence. Chaque appui = pivot instantané. La salle voit Thomas naviguer entre des expertises impossibles sans jamais perdre son assurance.
Le régisseur active la séquence « Expert ». Thomas appuie sur son bouton physique → un domaine d'expertise absurde apparaît à l'écran. Il peut appuyer à nouveau en pleine TED Talk pour changer de domaine sans prévenir.
→ La surprise de Thomas quand il découvre le domaine = première vague de rire. Sa transformation instantanée en expert = deuxième vague. Le changement de domaine en pleine conférence sans perdre sa conviction = troisième vague.
Actif — Thomas maîtrise le timing. Le bouton permet à Thomas de changer de domaine quand il le décide. C'est de l'auto-sabotage pur : il choisit le moment de s'imposer un nouveau domaine — souvent au pire moment possible, en pleine envolée d'expert. Il peut appuyer en milieu de phrase, en plein crescendo émotionnel, au moment où sa crédibilité est maximale. Dans tous les cas, il doit faire semblant de n'avoir jamais parlé d'autre chose, avec la même conviction totale.
"Ce n'était pas de la magie. C'était du lâcher-prise. La confiance en soi ne vient pas du fait de savoir — elle vient du fait de faire confiance au fait qu'on trouvera. C'est exactement ça, sortir de la zone de confort."
Et maintenant ?
Thomas rejoue en 2 minutes une version ultra-condensée de la soirée entière — en intégrant les éléments les plus mémorables : le sujet de réunion (Séq. 2), le collègue difficile (Séq. 2), l'histoire collective (Séq. 3), la situation d'échec (Séq. 4), le domaine absurde (Séq. 5). Tout converge dans une scène impossible et délicieuse.
Le mot final du bouton : Au moment où la récap semble terminée, Thomas marque un temps. "Attendez. Il reste un mot. Un seul. Le dernier." Il appuie une ultime fois sur le bouton physique. Un mot-surprise apparaît sur son écran — tiré des réponses du public. Thomas l'intègre immédiatement dans une conclusion improvisée de 30 secondes. Ce mot inconnu devient le point final du spectacle, la boucle parfaite : le show a commencé par les mots du public, il se termine par un dernier mot du public.
Un clin d'oeil collectif. Un rappel que cette soirée est unique, co-écrite, et n'existera jamais ainsi ailleurs.
"Ce soir vous avez vécu quatre choses. Vous avez dit OUI — et vu ce que ça construit. Vous avez écouté — vraiment, pas poliment. Vous avez transformé un échec en porte. Et vous avez vu quelqu'un lâcher le script et tenir debout quand même."
"Et vous avez fait quelque chose d'autre. Avant même d'entrer dans cette salle, vous avez donné vos mots. Trois mots. Et ces mots ont nourri chaque scène. Vous n'avez pas assisté à ce spectacle — vous l'avez co-écrit."
"Ces quatre choses, elles ne s'arrêtent pas ce soir. Elles existent déjà dans votre quotidien professionnel. La question : est-ce que vous les activez — ou est-ce que vous attendez la prochaine conférence sur l'agilité pour en entendre parler ?"
"Je vous demande une chose. Une seule. Pas un plan de transformation. Pas un nouvel outil. Juste une phrase. Une intention pour demain matin."
[Silence. Thomas écrit la sienne sur scène — visible.]
"Ce soir vous avez improvisé le changement. Demain, c'est votre tour."
Le public remplit un questionnaire sur change-show.fr avant le spectacle (6 questions, 3 mots max par réponse). Ces mots alimentent les improvisations de Thomas via un bouton physique. Il ne sait jamais ce qui va s'afficher.
| Étape | Quand | Quoi | Qui |
|---|---|---|---|
| 1 | 15-20 min avant | Le QR code vers change-show.fr est projeté à l'écran + annoncé au micro par l'organisateur | Organisateur |
| 2 | Pré-show | Le public scanne et remplit le formulaire : 6 questions, 3 mots max par réponse. Anonyme. 90 secondes chrono. | Public |
| 3 | Pré-show | Les réponses sont stockées et classées par catégorie (reunion histoire rebond expert). Le régisseur vérifie le stock. | App |
| 4 | Pendant le show | Le régisseur sélectionne la catégorie active selon la séquence. Thomas appuie sur le bouton physique. Un mot aléatoire s'affiche sur son écran retour (invisible du public). | Régie + Thomas |
| 5 | Pendant le show | Thomas intègre le mot dans son improvisation — immédiatement, sans filet. | Impro |
| Question posée au public | Catégorie | Séquence | Utilisation en impro |
|---|---|---|---|
| "Un sujet de réunion qui vous fait soupirer ?" | reunion | 02 Pilier OUI | Sujet de la réunion improvisée |
| "Un mot qui décrit votre lundi matin ?" | reunion | 02 Pilier OUI | Ambiance / contrainte de la scène |
| "Un rebondissement inattendu au travail ?" | rebond | 03 Pilier ÉCOUTE | Contrainte injectée dans l'histoire collective |
| "Un échec professionnel en 3 mots ?" | histoire | 04 Pilier ÉCHEC | Situation d'échec à rejouer / transformer |
| "Un domaine dans lequel vous seriez un faux expert ?" | expert | 05 Pilier LÂCHER | Domaine d'expertise absurde pour la conférence TED |
| "Un mot qui résume votre entreprise ?" | reunion | 02 / 06 | Mot polyvalent — réunion ou mot final de la récap |
Afficher le QR code sur l'écran 15 à 20 minutes avant le show, dès que le public commence à s'installer. Les gens sortent leur téléphone naturellement en attendant — c'est le moment idéal. Ne pas attendre que la salle soit pleine.
L'organisateur fait une annonce claire : "Scannez le QR code à l'écran et répondez aux 6 questions. C'est anonyme, ça prend 90 secondes, et vos mots vont nourrir le spectacle de ce soir." Une annonce suffit si elle est bien faite. Deux si la salle se remplit tard.
Avant le show : vérifier le stock de réponses par catégorie — minimum 10 par catégorie pour un confort d'impro. Pendant le show : changer la catégorie active selon la séquence en cours (reunion → rebond → histoire → expert). Surveiller le stock restant — si une catégorie est presque vide, le signaler à Thomas.
Demandez au client l'industrie, le contexte interne, les sujets chauds. Ces infos aident Thomas à contextualiser les mots du public quand ils apparaissent. Le public adorera reconnaître sa réalité dans l'impro.
Le bouton est TON outil — c'est toi qui décides quand la pression monte. Les premiers appuis doivent être espacés (laisser le temps de construire la scène, d'installer les personnages). Puis accélérer progressivement. Les derniers appuis d'une séquence rapprochés = surcharge comique maximale. Règle d'or : ne jamais appuyer par réflexe, toujours par intention scénique.
La force du dispositif : Thomas est à la fois le performer ET le perturbateur. Le public doit sentir que tu te mets volontairement en danger. Deux niveaux : (1) l'appui stratégique — tu appuies quand tu sens que la scène est à son pic, pour forcer un virage spectaculaire. (2) l'appui kamikaze — tu appuies en milieu de phrase, sans filet, et tu dois intégrer le mot sans rompre le flux. Le niveau 2 est ce qui rend le show unique.
Ne changez pas de registre brutalement. Utilisez une phrase-pivot : "Assez de théorie. Voici ce que ça donne concrètement." ou "Vous ne me croyez pas ? Montrons-le."
Après une scène improvisée, ne coupez pas l'énergie brutalement. 10-15 secondes de silence délibéré. Ensuite, le débrief nomme ce qui vient de se passer — pas ce qui aurait pu se passer.
Certains inputs seront trop compliqués ou vides de sens. Accueillez-les toujours avec "Parfait." (jamais "Euh..." ou "Comment ?"). Puis transformez et assumez.
Si vous êtes perdu, bougez physiquement, changez de posture, changez de lieu sur scène. En cas de vrai blanc : nommez-le. "Je viens de perdre le fil. C'est exactement de ça qu'on parle."
Adaptez l'énergie au secteur. Banque/Assurance : retenue, références formelles. Start-up/Tech : folie, références rapides. Santé : respect dans les situations d'échec. Le fond reste identique, la forme s'adapte.
Gardez un oeil sur l'heure à chaque transition. Les séquences improvisées sont compressibles ou extensibles. Si retard : raccourcissez le débrief (jamais la scène). Si avance : approfondissez le débrief avec une question.
Le rire est le vecteur pédagogique principal de CHANGE!. Ce guide pratique couvre les relances comiques, la gestion des différents types de publics, et comment exploiter chaque situation — y compris les ratés.
La règle de 3 est la formule la plus efficace en stand-up. Deux éléments créent l'attente, le troisième la détourne. Elle fonctionne partout dans CHANGE!
Chaque monologue sérieux doit se terminer par une chute ou repartir par le bas avant de remonter. Le public doit toujours finir par rire — même après un moment de vérité.
Quand une impro part dans tous les sens après un CHANGE!, ne pas récupérer immédiatement. Le laisser rater. Puis le nommer — c'est le Pilier 3 en direct.
Un public timide n'est pas un public froid. C'est un public qui attend la permission. La job de Thomas : donner cette permission avec humour, pas avec injonction.
Un public surexcité est un cadeau. Ne jamais le refroidir. L'utiliser, le dépasser, jouer avec lui.
Les transitions entre séquences sont des micro-moments de stand-up. Elles ne doivent pas être des "leçons" mais des ponts vivants.
Thomas a un parcours en or pour l'autodérision : ex-publicitaire, Radio Nova, comédien d'impro qui parle à des comités de direction. Ces incongruités sont des mines comiques à exploiter systématiquement.
"J'ai écrit des slogans pour des marques qui vendaient du changement. Sans jamais rencontrer une seule personne qui avait changé grâce à elles. Mais les slogans étaient beaux."
"J'ai contribué à Radio Nova. Ce qui m'a appris qu'avec la bonne musique derrière, n'importe quoi semble profond."
"Je fais de l'improvisation depuis 10 ans. Et il y a 5 ans, quelqu'un a eu l'idée géniale de payer des gens pour regarder ça. Ce quelqu'un, c'était moi. L'idée n'était peut-être pas si géniale au début."
"Je joue des personnages ridicules devant des gens en costumes à 3000€. Et ils paient pour ça. L'un de nous deux a clairement un problème de jugement — et le doute me profite."
"CHANGE! est une conférence sur le changement où le conférencier ne sait pas ce qui va se passer. C'est soit brillant, soit je n'ai pas eu le temps de préparer. Ce soir vous saurez lequel."
Pour chaque situation imprévue, ces phrases permettent de rebondir avec humour sans perdre le fil ni l'énergie de la salle.
Se libérer de ses croyances
"La zone de confort est le mensonge le plus confortable du monde. Elle vous dit que vous êtes en sécurité. Ce qu'elle ne vous dit pas, c'est ce que vous ratez chaque jour en n'essayant pas."
Accepter l'imprévu
"Le 'Oui, et...' n'est pas une technique de théâtre. C'est un acte de confiance. Confiance en l'autre, confiance en l'imprévu, confiance dans le fait que ce qui vient peut être meilleur."
Il n'existe pas — c'est une partie de l'histoire
"En improvisation, on ne dit jamais 'j'ai raté'. On dit 'intéressant'. Parce que tout ce qui se passe est du matériau. L'échec n'est une fin que si vous décidez de vous arrêter là."
On ne construit que sa propre histoire sans écoute
"Écouter, vraiment écouter, c'est suspendre son propre film intérieur. C'est accepter que ce que l'autre dit peut transformer ce que vous pensiez savoir."